Jean-Pierre Mahé


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Délégué de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Élu le 30 mars 2001 au fauteuil de Robert Matran
Président de l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour 2012

Jean-Pierre Mahé est un orientaliste, philologue, historien du Caucase et historien des religions.

Licencié en philosophie et en lettres classiques (Sorbonne), agrégé de grammaire, diplômé en arménien (INALCO), docteur en études latines (Strasbourg), diplômé de l’École des langues orientales anciennes (copte, arménien, géorgien) de l’Institut catholique de Paris et enfin docteur ès lettres (Strasbourg), il a consacré sa thèse, Hermès en Haute-Égypte, à des écrits hermétiques inédits en copte et en arménien. De 1975 à 1977, il a séjourné en Arménie pour étudier les manuscrits arméniens du Matenadaran d’Erévan.

Il a enseigné dans divers établissements : Sorbonne, Université de Strasbourg, Université d’État d’Erevan, INALCO, Institut catholique, Université Laval de Québec et Université Harvard. Depuis 1988, il est directeur d’études à la section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des Hautes études. Il a été élu membre des Académies nationales des sciences d’Arménie en 1991 et de Géorgie en 1996, ainsi que membre correspondant de l’Académie britannique en 2012. Il est docteur honoris causa de l’Université Laval depuis 2007.

Partant de l'histoire des religions (patristique, gnose et hermétisme, cultes païens et christianisation du Caucase), ses recherches se concentrent sur l'environnement caucasien de l'arménien et du géorgien, les traditions orales et leurs liens historiques et culturels avec les grandes civilisations voisines du Moyen-Orient et de l'Asie. De 1978 à 2010, il a assumé la rédaction de la Revue des études arméniennes, première référence internationale sur l’Arménie antique et médiévale.

Entamée en 1991, sa collaboration avec le savant géorgien Zaza Aleksidze l’a conduit à participer activement au déchiffrement des palimpsestes albaniens (ou aghouaniens), découverts en 1996 à Sainte-Catherine du Sinaï ; cette ancienne langue caucasique du nord de l’Azerbaïdjan avait disparu depuis plus d’un millénaire. De 1998 à 2010, il a dirigé les missions archéologiques françaises d’Ani, puis d’Ani-Pemza, aux confins de la Turquie, de l’Arménie et de la Géorgie.

Actuellement, il est membre du laboratoire "Proche-Orient Caucase" (UMR 7192, Collège de France, EPHE, INALCO), directeur des Monumenta Palaeographica Medii Aevi (Projet N° 51 de l’Union Académique Internationale), et, depuis 2001, président de la Société Asiatique, créée en 1822 pour développer et diffuser les connaissances sur l’aire immense allant du Maghreb à l’Extrême-Orient.

Dernières publications

  • 2000 Grégoire de Narek, Tragédie, Louvain (Peeters, CSCO 584), 838 p.
  • 2005 L’Arménie à l’épreuve des siècles, Paris (Gallimard, découvertes n° 464), 160 p.
  • 2007 Écrits gnostiques, la Bibliothèque de Nag Hammadi, sous la direction de J.-P. Mahé et P.-H. Poirier, Paris (Gallimard, la Pléiade), 1830 p.
  • 2008-2010 The Caucasian Albanian Palimpsests of Mount Sinaï (J. Gippert, W. Schulze, Z. Aleksidze, J.-P. Mahé), Turnhout (Brepols), 3 vol. in folio, 284 p., 262 p., 222 p.
  • 2010 “Le défi des gnoses”, “L’Arménie et la Géorgie”, in J.-R. Armogathe (dir.), Histoire générale du christianisme, vol. 1, Paris (PUF, Quadrige), p. 104-124 et p. 652-674.
  • 2012 Histoire de l’Arménie, des origines à nos jours, Paris (Perrin), 746 p.

Voile et dévoilement


La transparence est un luxe de l’innocence. C’est pourquoi au Jardin d’Eden, elle était superflue et néanmoins omniprésente. Adam et Ève n’en avaient nulle notion, puisqu’ils n’avaient rien à voiler ni à dévoiler. « L’homme et la femme étaient nus et n’en éprouvaient pas de honte » (Gn 2, 25). Et pour cause : car leur nudité était à la fois opaque et transparente. La gloire dont le Créateur les avait couronnés (Ps 6, 8) était si rayonnante qu’elle eût ébloui tout regard indiscret. Elle les couvrait d’un voile immatériel, plus impénétrable que la plus dense des étoffes.

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