Jean Clair


Vous êtes ici




Délégué de l'Académie française
Élu le 22 mai 2008 au fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech

De son vrai nom Gérard Régnier, Jean Clair est un conservateur général du patrimoine, écrivain, grand critique et historien d’art, "essayiste du désenchantement" et volontiers polémiste.

Né dans un milieu paysan laissant peu de places aux mots, fils d'un Morvandiau de tradition socialiste et d'une Mayennaise de tradition catholique venus s’installer à Paris, Jean Clair se définit comme un créateur introverti et atrabilaire. D’abord scolarisé aux lycées Jacques Decour et Carnot, après une hypokhâgne au lycée Henri-IV, il poursuit des études de lettres et d’histoire de l’art à la Sorbonne, d’où il sort docteur ès lettres. Il est également titulaire d’un doctorat de philosophie en art du Fogg Art Museum de l'Université Harvard.

Après ses études, il devient le chroniqueur d’art de La Nouvelle Revue française et choisit alors un pseudonyme.
Reçu à 26 ans au second concours de recrutement de conservateur du Musée de France, il est tout à tour conservateur assistant des Musées de France (1966-1969), conservateur au Musée national d'art moderne (MNAM) (1969-1979), rédacteur en chef des Chroniques de l’art vivant (1970-1975), fondateur et directeur des Cahiers du Musée d’art moderne (1978-1986), professeur à l’École du Louvre (1977-1980), conservateur du cabinet d'art graphique du Centre Pompidou (1980-1989), conservateur général du patrimoine (1989), directeur du musée Picasso de Paris (1989-2005), directeur de la Biennale de Venise pour son centenaire (1994-1995).

Il a également été commissaire d'un grand nombre d'expositions internationales assez inclassables, où l’histoire de l’art côtoie l’histoire des idées et celle des sciences, ainsi que la psychanalyse : Duchamp (1977), Les Réalismes (1980), Vienne, l’apocalypse joyeuse (1986), l'Âme au corps (1993), Balthus, Szafran, Mélancolie - Génie et folie en Occident (2005), Crime et Châtiment (2010).

Jean Clair est notamment lauréat de la fondation Fritz Winter (1988), du Prix Psyché (1992), de la Médaille de l'histoire de l'art de l'Académie d'architecture (1993) et de la Fondation Simone et Cino del Duca (2007).

Dernières publications

  • 2005 Gustave Klimt. Papiers érotiques - en collaboration avec Werner Hofmann et Caroline Messensee (Gallimard
  • 2005 Mélancolie. Génie et folie en occident (Gallimard) 2005 Une leçon d’abîme. Neuf approches de Picasso (Art et Artistes) (Gallimard)
  • 2006 Journal atrabilaire (Gallimard)
  • 2007 Lait noir de l’aube (Gallimard)
  • 2007 Malaise dans les musées - Prix du livre incorrect 2008 (Flammarion)
  • 2007 De la Mélancolie. Les entretiens de la Fondation des Treilles - en collaboration avec Robert Kopp (Gallimard)
  • 2008 Autoportrait au visage absent (Gallimard)
  • 2008 La Tourterelle et le chat-huant (Gallimard)
  • 2008 Les années 1930. La fabrique de l’homme nouveau - Musée des Beaux-Arts du Canada (Gallimard)
  • 2009 Crime et châtiment - Musée d’Orsay - directeur d’ouvrage (Gallimard)
  • 2011 Dialogue avec les morts (Gallimard)
  • 2011 L’hiver de la culture (Flammarion)
  • 2012 Hubris - la fabrique du Monstre, Paris, Gallimard

Au péril de la transparence


"L’expérience est commune, sinon triviale : on aperçoit à quelques pas de soi une femme que l’on chérit, on se précipite – et l’on se brise la tête contre une porte de verre que l’on n‘avait pas vue. La transparence est périlleuse. C’est un leurre. Cependant, élevons le propos.

La nouvelle de Maupassant, Le Horla, contient un épisode étrange : pris de soif après avoir été victime d’un cauchemar, le narrateur prend une carafe pour se désaltérer [...]"

Lire la suite du discours de Jean Clair