Catherine Cesarsky


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Déléguée de l'Académie des sciences
Élue le 11 décembre 2007 dans la section Sciences de l'univers

Astrophysicienne titulaire d’une licence en sciences physiques à l'Université de Buenos-Aires (1965) et d’un doctorat d'astronomie de l'Université de Harvard (1971), Catherine Césarsky a joué un rôle considérable dans l'évolution de l'astronomie spatiale européenne aux hautes énergies et dans l’infrarouge, et dans les grands projets actuels d'astronomie au sol.

Après avoir débuté sa carrière au California Institute of Technology, elle s'installe en France en 1974 et devient chercheur dans le Service d’astrophysique du CEA à Saclay, service dont elle sera chef de 1985 à 1993. En 1994, elle est nommée directrice de la direction des sciences de la matière (DSM) au CEA, à la tête d’une équipe d'environ 3000 scientifiques, active sur un large spectre de programmes de recherche fondamentaux en physique, chimie, astrophysique et sciences de la terre. Elle a été responsable du développement de la caméra infrarouge spatiale Isocam du satellite ISO, de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a volé de 1995 à 1998 et lui a permis d’étudier l’évolution des galaxies.

De 1999 à 2007, elle a été directrice générale de l’Organisation européenne pour les recherches astronomiques dans l’hémisphère austral (ESO), ce qui lui a valu de mener à bien la fin de la construction du Very Large Telescope (VLT), ensemble de 4 télescopes travaillant de l’ultraviolet à l’infrarouge, installés à 2635 mètres d’altitude dans le désert d'Atacama au nord du Chili. Dans le cadre d’une coopération mondiale, elle a engagé la construction du plus ambitieux projet d’astronomie au sol à ce jour, l’interféromètre millimétrique et sub millimétrique ALMA, à une altitude de 5000 mètres dans le désert d’Atacama. Elle a également joué un rôle éminent dans la préparation du projet Européen Extremely Large Telescope (ELT) qui, avec un diamètre de 39 mètres, sera le télescope le plus puissant au monde, à 20 kilomètres du VLT. L’ELT permettra la détection et la caractérisation par imagerie directe d'exoplanètes de type Terre ou super-Terre (masse inférieure à 10 fois la masse de la Terre située dans la zone habitable) et l’étude de l'atmosphère d’exoplanètes géantes. De 2006 à 2009, Catherine Césarsky a été présidente de l’Union astronomique internationale.

Haut-commissaire à l'énergie atomique de 2009 à 2012, elle a été conseillère auprès du gouvernement français sur des questions de sciences et d'énergie. Elle préside actuellement le comité des programmes scientifiques du CNES (Centre national d'études spatiales) et le comité consultatif EURATOM – Fusion (CCE-FU).

Principales publications

  • 2002 Elbaz D., Cersarky C. J., Chanial P., Aussel H., Franceschini A., Fadda D. & Chary R.R. The bulk of the cosmic infrared background resolved by ISOCAM A&A 384, 848
  • 2003 Elbaz D. & Cesarsky C. A fossil Record of Galaxy Encounters, Science, 300, 270
  • 2004 Giavalisco M., Ferguson H. C., Koekemoer et al. The Great Observatories Origins Deep Survey : Initial Results from Optical and Near-Infrared Imaging Ap.J. 600, 93
  • 2005 ISO Science Legacy : A Compact Review of ISO Major Achievements, C. Cesarsky, A. Salama, eds., Ed. Springer, Norwell, MA
  • 2005 Hammer F., Florest H., Elbaz D., Zheng X. Z., Liang y. C. & Cesarsky C. Did most present-day spirals form during the last 8 Gyr? A formation history with violent episodes revealed by panchromatic observations A&A 430, 115
  • 2007 Exploring the Cosmic Frontier: Astrophysical Instruments for the 21st Century. Andrei P. Lobanov, J. Anton Zensus, Catherine Cesarsky and Phillip J. Diamond.eds, Ed. Springer-Verlag, Germany.
  • 2008 Vanzella E. Cristiani S., Dickinson M., Cesarsky C., Ferguson H. et al. The great observatories origins deep survey : VLT/FORS2 spectroscopy in the GOODS-South field : Part III A&A, 478
  • 2010 Retzlaff, J.; Rosati, P.; Dickinson, M.; Vandame, B.; Rité, C.; Nonino, M.; Cesarsky, C.; GOODS Team The Great Obser vatories Origins Deep Survey. VLT/ISAAC near-infrared imaging of the GOODS-South field A&A 511,50

Un univers opaque et transparent


La tâche de l’astrophysicien est de dresser l’inventaire de l’univers et de détailler sa structure et son évolution. L’univers n’est accessible que par l'observation, et la lumière est le principal messager. Aujourd'hui, l’astrophysicien ne se contente pas de capter la lumière visible des astres, la seule à laquelle ses yeux sont sensibles ; il sonde le ciel dans toutes les couleurs de l’invisible, des douces ondes radio aux violents rayons gamma, en passant par les micro-ondes, l’infrarouge, le visible, l'ultraviolet et les rayons X. Chacun de ces rayonnements apporte des informations distinctes, qu’il tente de décrypter, sur les phénomènes physiques qui régissent l'univers. Mais ces informations ne lui parviennent que si les rayons lumineux ne sont pas déviés ou absorbés entre leur lieu d’émission et la Terre, c’est-à-dire  que si, pour eux, l'espace intervenant est transparent.

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